20 janvier 2009Barack Obama, le jour J
Une foule géante et enthousiaste se pressait mardi à Washington pour l'investiture de Barack Obama , attendant le serment du premier président noir des Etats-Unis qui s'installe à la Maison Blanche au milieu d'une tempête sans précédent pour l'économie mondiale. Le jour s'est levé sur le Mall, l'immense esplanade au coeur de la capitale américaine, découvrant les sourires et les milliers de drapeaux tricolores d'une foule gigantesque s'étalant sur plusieurs kilomètres devant le Capitole, siège du parlement d'où Barack Obama devait prêter serment à midi.
Malgré un froid intense (-6° sous abri mais -13° en plein vent), des milliers de personnes ont emprunté les transports en commun au beau milieu de la nuit pour assister à cette journée historique. Cinq heures après l'ouverture des stations, le métro de Washington avait déjà transporté près de 500.000 personnes à 10H00 (15H00 GMT), soit presque la totalité de la population de la capitale qui compte 600.000 habitants. Barack Obama et son épouse Michelle, vêtue d'une robe or pâle, ont quitté la Maison Blanche en compagnie du président sortant George W. Bush, qui a achevé ainsi huit années d'un mandat marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et les invasions de l'Afghanistan et de l'Irak. Les deux hommes se sont rendus en voiture au Capitole, où Barack Obama devait prêter serment une main sur la bible d'Abraham Lincoln, son modèle en politique.
Prenant les rênes d'un pays aux prises avec une crise économique majeure, il prononcera ensuite un discours d'investiture que les observateurs attendent bref mais marquant, à la hauteur de ses talents d'orateur. A 14H30 (19H30 GMT) se déroulera le défilé accompagnant, au son des fanfares de tout le pays, Barack Obama à sa nouvelle résidence, un parcours long de 2,7 km entre le Capitole et la Maison Blanche.
La journée se terminera sur quelques pas de danse: Barack Obama participera aux dix bals officiels sur les centaines qui sont prévus dans la capitale.
Des réservistes de la Garde nationale ont pris position pour la plus grande opération de sécurité jamais mise en place pour une investiture présidentielle, mobilisant 12.500 militaires et des milliers de policiers. Les ponts au-dessus du Potomac, le fleuve qui sépare Washington du sud du pays, étaient interdit à la circulation. L'armée survolait la ville en hélicoptère, sillonnait le Potomac en vedettes rapides et se tenait prête à tirer des missiles sol-air et à parer au risque d'attentat chimique ou biologique.
Le pape Benoît XVI a souhaité que Barack Obama se fasse "le promoteur de la paix et de la coopération entre les nations", tandis que le président français Nicolas Sarkozy a dit avoir "hâte" de "changer le monde" avec le nouveau président.